photo : Sébastien Michon - Le Val-Ouest
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Le Val-Saint-François semble tirer son épingle du jeu dans la crise du logement qui a cours présentement dans plusieurs régions du Québec.

À Québec, le taux d’inoccupation des logements est d’environ 1 % et à Montréal de 2,5 %. Bien que le taux pour le Val-Saint-François ne soit pas connu, il est estimé à 7,3 % pour les logements gérés par Office municipal d’habitation (OMH) du Val-Saint-François.

De même, dans le Val, seulement 16,5 % des locataires et 6,2 % des propriétaires doivent consacrer 30 % ou plus de leur budget pour payer leur logement.

Comment expliquer ces statistiques? Nathalie Ramonda, directrice générale de l’OMH croit qu’elles sont en partie attribuables aux actions posées par son organisation.

«S’il n’y avait pas l’OMH, ces chiffres ne seraient pas aussi bas. Ce serait même beaucoup plus élevé», croit-elle.

Au moment de l’entrevue, l’OMH devait justement gérer deux situations d’itinérance. C’est-à-dire des personnes sans logement. Mais ces cas devraient être rapidement réglés. «Dans les sept derniers jours, nous avons réussi à reloger six personnes», rapporte-t-elle.

Les HLM, «pas l’idée qu’on s’en fait»

L’OMH gère 383 habitations à loyer modique (HLM). Destinés principalement aux personnes à faible revenu. Ces loyers sont concentrés dans cinq municipalités : Valcourt, Richmond, Windsor, Saint-Denis-de-Brompton et Stoke.

Nathalie Ramonda pointe que contrairement aux idées préconçues, ces lieux ne sont pas, la plupart du temps, différents du reste du parc immobilier.

«En fait, ça ne parait pas. À certains endroits, c’est très joli et il y a des fleurs. Ce n’est pas l’idée qu’on s’en fait.»

En ce début juillet, une trentaine de logements de son parc immobilier sont vacants. Mais ils devraient rapidement trouver preneur. La directrice générale fait savoir que 113 personnes sont sur une liste pour trouver un appartement.

Les cinq pôles du parc immobilier de l’OMH du Val-Saint-François.  (image : OMH du Val-Saint-François)

Explosion des demandes

Comme partout ailleurs, la plupart des personnes visaient trouver un logement avant la date du 1er juillet. «Dans la semaine qui a précédé, nous avons eu une explosion de demandes de logements. Plus que l’année dernière», fait-elle savoir.

Cette hausse de demandes est-elle imputable à un plus grand nombre de personnes en recherche d’un appartement? Pas nécessairement, répond Nathalie Ramonda. Elle explique que cet «engouement» pourrait aussi être une conséquence directe d’une vaste campagne de publicité dans les médias orchestrée par le gouvernement du Québec au cours des derniers mois. Pour mieux faire connaître les services de recherche de logement et d’aides financières disponibles de la Société d’habitation du Québec (SHQ).

Le gouvernement du Québec a déployé une vaste campagne de publicité pour mieux faire connaître les services offerts par la Société d’habitation du Québec, et plus particulièrement les Services d’aide à la recherche de logement (SARL) des différentes régions.  (image : Société d’habitation du Québec)

Capacité de payer des locataires et propriétaires

Qu’en est-il de la capacité de payer des locataires et propriétaires? Sont-ils eux aussi touchés par la hausse des prix que l’on connaît depuis 2021? Selon les données de Statistique Canada datant de 2022, 16,5 % des locataires du Val-Saint-François doivent dépenser 30 % et plus de leur budget mensuel en frais de logement. Ce taux n’est que de 6,2 % du côté des propriétaires.

Pour un logement avec deux chambres à coucher, en région rurale, le loyer médian en 2024 est estimé à 830 $. Sauf à Saint-Denis-de-Brompton, où les prix ressemblent davantage à ceux de la région de Sherbrooke, soit 1005 $. Ces chiffres, selon Nathalie Ramonda, ne représentent pas tout fait ceux du marché. Qui sont plus élevés à plusieurs endroits.

Soutien aux ménages à faible revenu

Pour soutenir les ménages à faible revenu qui doivent faire face à cette situation, il existe le Programme de supplément au loyer. Qui leur permet de payer un loyer correspondant à 25 % de leur revenu.

À titre d’exemple, pour recevoir du soutien, une personne seule ou un couple, en région rurale, doit avoir un revenu maximal de 25 500 $ par année. Et à Saint-Denis-de-Brompton, 33 000 $. Et ce, pour un appartement d’une chambre à coucher. Le seuil minimal est plus élevé pour d’autres situations (logement de deux chambres et plus).

Bien que ce programme soit disponible pour tout type de logement, l’OMH dit privilégier les coopératives et les organismes sans but lucratif (OSBL). Par exemple, La Brunante à Racine, la Maison des Aînés à Valcourt ou la coopérative Oasis des Lacs à Saint-Denis-de-Brompton.

Particularité dans le Val-Saint-François, ce programme, bien que géré par l’OMH, est sous l’égide des municipalités. Plutôt que de la MRC, comme c’est le cas dans d’autres endroits au Québec.

Conséquence : certaines municipalités du Val ont choisi de participer à ce programme et d’autres non. Parmi celles qui le font, il y a notamment Windsor, Saint-Denis-de-Brompton, Richmond, Racine et Valcourt.

La directrice générale croit que cette compétence aurait intérêt à être attribuée à la MRC plutôt qu’à chaque municipalité individuellement. Les élus réfléchissent justement à cette question, sans qu’un consensus soit encore apparu.

Plusieurs services et programmes viennent soutenir les personnes à la recherche d’un logement. Qu’ils aient ou non un faible revenu.  (photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

Recherche de logement : un programme pour tout le monde

Autre programme très utilisé cette année : le programme d’aide à la recherche de logement.

«C’est un service pour tout le monde. Peu importe le revenu ou d’où l’on vient. Tant que la personne réside dans le Val», précise Nathalie Ramonda.

L’OMH possède un précieux outil à cet égard. «Par exemple, si une personne recherche un quatre et demi à Windsor ou à Richmond, notre moteur de recherche sort la liste de tous les logements de ce genre, partout sur le Net. Ça nous permet ainsi d’appuyer les gens dans leur recherche.»

Ce programme a été mis en place à l’automne 2023, grâce à une collaboration entre la MRC du Val-Saint-François et la MRC des Sources. La directrice générale dit que son équipe en constate les bienfaits.

«Grâce à ce service, nous sommes désormais capables de documenter ce qui se passe sur le territoire. Ce qui ne se faisait pas avant. Toutes ces informations sont envoyées à la Société d’habitation du Québec. Ce qui permet d’avoir un portrait beaucoup plus juste de la situation du marché locatif dans le Val.»

Nathalie Ramonda, directrice générale de l’Office municipal d’habitation (OMH) du Val-Saint-François, croit que les actions de son organisation ont une influence positive sur la situation des personnes et du marché immobilier.  (photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

Projet de collaboration entre quatre MRC

L’OMH souhaite maintenant l’étendre aux MRC du Haut-Saint-François et de Coaticook. Ce qui permettrait d’embaucher des employés pour gérer l’ensemble des demandes de façon centralisée. Ainsi que de créer un site web convivial.

Toutes les MRC ont déjà adopté des résolutions en ce sens, sauf celle du Val-Saint-François. Nathalie Ramonda se dit toutefois confiante que les élus devraient eux aussi appuyer ce projet.

D’ailleurs, de façon officieuse, l’OMH travaille déjà en concertation avec les quatre territoires. Et ce, même si l’entente n’est pas encore signée par le Val. «Nous le faisons avec le budget de l’OMH, en espérant que la MRC va suivre», confie-t-elle.

Toute personne à la recherche de logement peut contacter l’OMH par téléphone (819 993-7966) ou par courriel (sarl@omhvsf.ca). Ce service est offert gratuitement.

 

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2 commentaires

  • Sébastien Michon / Initiative de journalisme local

    Merci pour votre intérêt et votre question. Les données m’ont été fournies par l’OMH du Val-Saint-François. Je vais aussi vous répondre par messagerie privée.

  • Geneviève Trépanier

    Bonjour,
    Mon message est pour le journaliste, M. Sébastien Michon.
    J’aurais voulu savoir quelle était votre source d’information pour le taux d’inoccupation dans la MRC du Val-St-François. Je sais que la SCHL fournit les taux pour les villes de 10 000 habitants et + puis, aux 5 ans, les taux d’inoccupation pour les plus petites municipalités (entre 2500 et 10000 habitants), mais je me demande comment vous avez réussi à trouver le 7,3% mentionné en tête d’article. Je suis curieuse de comprendre, car en effet, c’est un taux bien plus grand que le reste de l’Estrie.
    Un grand merci à l’avance pour ce complément d’information
    Geneviève Trépanier
    Répondante régionale logement (Estrie) pour la
    Direction de santé publique de l’Estrie (équipe prévention-promotion de la santé)

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